Événements : Scène Extérieure "Flamingo"
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Black country, new road
Peu de groupes contemporains se réinventent avec autant de constance que Black Country, New Road. De leur premier album For the First Time, nommé au Mercury Prize, à Ants From Up There, tous deux classés dans le top 5, le groupe s’est imposé par une approche audacieuse et décloisonnée. Après le départ d’Isaac Wood, ils écrivent un nouveau répertoire présenté sur Live at Bush Hall, salué par The Guardian comme une « renaissance magique ». Avec ce troisième album studio, Black Country, New Road repart une nouvelle fois de zéro. Les rôles vocaux et l’écriture sont désormais partagés entre Tyler Hyde, Georgia Ellery et May Kershaw, apportant une nouvelle dynamique et un regard féminin affirmé. Produit par James Ford, l’album est ample, ambitieux et soigneusement façonné, tout en restant profondément cohérent. Entre folk, prog, pop baroque et touches d’alt-rock, l’album multiplie les influences sans jamais perdre son identité. Toujours guidé par une amitié solide et une grande liberté créative, le groupe confirme qu’il n’existe aujourd’hui personne d’autre qui sonne comme Black Country, New Road. > Lire la suite
Fat Dog
Lorsque ce petit groupe du sud de Londres connu sous le nom de Fat Dog s'est formé, ils se sont fixé deux règles : être un groupe sain qui prendrait soin de ses membres et qu’il n’y aurait pas de saxophone dans leur musique. Deux règles simples, deux choses que le quintet de Brixton s’est empressé de ne pas respecter. Si Fat Dog est aujourd’hui considéré comme l'un des groupes les plus prometteurs de ces dernières années, avec leurs concerts déchaînés comme on n'en avait pas vu dans la capitale depuis des années et désormais auteur de WOOF., un premier album brillant et renversant, ses membres ne sont pas sains pour autant. L'un d'eux a un problème d'odeur de pieds. Et il y a aussi un saxophoniste dans le groupe. « Oui, tout est parti en vrille », déclare le leader du groupe, Joe Love, de son vrai nom Joe Love. Il décrit le son de Fat Dog comme « de la musique pour hurler dans un oreiller », un mélange palpitant d'électro-punk, de rock'n'roll hargneux, de nappes techno, de pop industrielle et d'euphorie rave, de la musique pour se lâcher. > Lire la suite
Jehnny Beth
Jehnny Beth s’est d’abord imposée comme la charismatique leader de Savages, groupe post-punk nommé au Mercury Prize, reconnu pour ses performances scéniques intenses et son lyrisme sans concession. Son premier album solo, To Love Is To Live (2020), salué par la critique, a élargi cette vision — audacieux, cinématographique, et chargé d’émotion. Depuis, elle a multiplié les collaborations (Idles, Gorillaz, Sextile, Bobby Gillespie…) tout en poursuivant sa carrière d’actrice, avec des rôles remarqués dans Les Olympiades de Jacques Audiard et Anatomie d’une chute de Justine Triet, Palme d’or et Oscar du meilleur scénario. En 2020, elle crée la série télévisée ECHOES pour mettre en lumière des artistes émergents tels que Wet Leg, Fontaines D.C. ou Kneecap. En 2022, elle remonte sur scène avec IDLES, part en tournée européenne avec Depeche Mode, puis rejoint Queens of the Stone Age à travers les États-Unis, où ses performances dans des festivals hardcore et metal rallument une nouvelle flamme créative. De retour en France, elle retrouve son partenaire de toujours, Johnny Hostile — tout juste rentré de tournée avec Nick Cave & Warren Ellis — pour façonner You Heartbreaker, You : un album cathartique et radical, né de l’urgence, de la joie et de la rébellion. Porté par des paroles instinctives, un chant incendiaire et une production sans compromis, l’album transforme le chaos en libération sonore. You Heartbreaker, You offre un espace viscéral pour hurler, respirer et se sentir vivant dans un monde au bord du gouffre. > Lire la suite
NewDad
La trajectoire de NewDad est faite d’équilibres fragiles et de sacrifices assumés. Depuis la sortie de leur premier single en 2020, le trio originaire de Galway a vu sa dream-pop magnétique toucher un public toujours plus large, jusqu’à la parution de leur premier album Madra en 2024, salué par la critique, et l’adoubement symbolique de Robert Smith de The Cure. Mais cette ascension s’est accompagnée de renoncements, à commencer par le départ de l’Irlande pour Londres il y a quatre ans. Un choix nécessaire pour le groupe, mais encore douloureux pour la chanteuse Julie Dawson, tiraillée entre l’excitation de créer et le manque profond de sa terre natale. Cette tension irrigue Altar, leur très attendu deuxième album, pensé comme une déclaration d’amour à Galway et à l’Irlande, envisagées comme un refuge intime mais aussi comme un autel symbolique, lieu de dévotion, de sacrifice et d’apaisement. Dawson y explore le déracinement, la nostalgie, l’angoisse et la survie émotionnelle, laissant affleurer une écriture plus sombre, traversée par le doute, la peur et le besoin d’être sauvée, sans jamais perdre de vue une lueur d’espoir. Enregistré début 2025 entre Londres et Ipswich, Altar raconte aussi l’apprentissage parfois brutal du métier de musicienne et la pression spécifique qui pèse sur les femmes dans l’industrie. Entre people-pleasing, attentes démesurées et fatigue mentale, Dawson interroge sa place, ses limites et sa capacité à s’affirmer, trouvant dans l’écriture un outil de résistance et de reconstruction. Musicalement, l’album élargit le spectre de NewDad, alternant délicatesse lumineuse et décharges abrasives, avec une approche plus pop assumée, nourrie autant par la scène alternative que par des références plus classiques. Cette évolution se prolongera sur scène, où le groupe, désormais renforcé, porte ses morceaux avec une ampleur nouvelle, à l’image de leur tournée internationale grandissante. Plus qu’un disque sur le retour impossible, Altar est un album d’acceptation et de courage, un manifeste intime qui invite à tenir bon, à se choisir, et à avancer malgré les compromis imposés par la vie. > Lire la suite
Ben Kweller
Le septième album studio de Ben Kweller, Cover the Mirrors, est né d’une perte immense — celle de son fils Dorian, décédé en 2023 — mais il dépasse largement le cadre du deuil. C’est un disque qui embrasse toute une vie : le temps qui se replie sur lui-même, une carrière commencée à l’adolescence, et le regard d’un artiste qui fait le bilan de ce qu’il a été, créé et transmis. La perte et l’amour traversent l’album, mais son message central est celui de la continuité. « C’est un album qui boucle la boucle », explique Kweller. « Je ne réfléchis pas seulement à la perte de Dorian, mais à toute ma vie, à tout ce que j’ai créé en tant qu’artiste. » Cover the Mirrors sort le 30 mai sur son label Noise Company, une date qui aurait marqué le 19e anniversaire de son fils. Depuis les années 90 avec le groupe texan Radish jusqu’à sa carrière solo révélée en 2002 avec Sha Sha, Ben Kweller a toujours navigué entre énergie brute et sensibilité mélancolique, entre punk sans filtre et ballades lumineuses. Figure respectée de l’indie rock, il a tourné au fil des ans avec des artistes comme Jeff Tweedy ou Ed Sheeran, affirmant une identité musicale libre et profondément personnelle. Un moment intime marque un tournant décisif : Kweller surprend son fils Dorian — sous le nom d’artiste ZEV — composant une chanson dans sa chambre. Il se reconnaît immédiatement en lui, dans cette passion irrépressible pour la musique. Lorsque Dorian meurt quelques mois plus tard dans un accident de voiture, Kweller choisit de ne pas s’effacer, mais de continuer à créer, pour faire vivre ce lien et cet héritage. Enregistré entièrement dans son studio-grange au Texas, non loin de l’endroit où repose Dorian, Cover the Mirrors est un album profondément autobiographique. Le titre fait référence aux rites funéraires juifs, rappelant l’origine familiale de Kweller. Le disque explore la perte, la mémoire, la transmission et l’espoir, sans jamais s’abandonner à la noirceur. Plutôt qu’un album de deuil, Cover the Mirrors est un album de mouvement, de résilience et de vie. « Ma musique est mon journal intime », dit Kweller. « Chaque chanson est un souvenir, un moment précis de ma vie. » Et à travers ces chansons, Dorian continue d’exister — porté, chaque jour, par la musique de son père. > Lire la suite




